Bien que cette saynète puisse être regardée en tous sens, voici la vue que je préfère, les personnages ne regardant pas l'observateur que nous sommes, ils semblent vivre leur petite aventure sans la moindre interférence avec nous.
Zooms :
Comme vous le remarquez, il y a sur cette page, un maximum de photos cliquables afin de pouvoir "zoomer" un petit peu. Voici un premier découpage de la gauche vers la droite.
Ces bombardes étant plus particulièrement destinées aux sièges, il fallait bien les y emmener. Pour cela l'armée embauchait des charretiers civils, avec ou sans leurs animaux et parfois même on louait aussi leurs véhicules. A défaut on réquisitionnait les paysans des régions traversées.
Une fois en position de tir, les charretiers quittaient les lieux, les manoeuvres ultérieures devaient donc se faire à la force humaine, là encore on réquisitionnait les paysans du coin, de même que pour les travaux de terrassement.
En fait de "convoi d'artillerie" celui-ci se compose de nombreux autres véhicules, il faut rajouter les chariots pour la poudre, les outils, le personnel qui pouvait être très conséquent :
Artilleurs : Ceux-ci ne sont pas des militaires et ne le deviendront pas avant quelques siècles. Ils sont artisans spécialisés et généralement concepteurs de la pièce. Ce n'est que 100 ans plus tard, que lassé de perdre ces ingénieurs sur les champs de batailles, on commencera à dissocier centres de fabrication de "Maître Artilleur" (c'est-à-dire le chef de pièce).
Pionniers : pour les travaux de terrassement, les parapets et autres gabions, les mines.
Charpentiers, forgerons, charrons, pontonniers.
Les bouviers :
Jean Dufournet
- Les très riches heures du Duc de Berry -
Editeur : Art Stock (20 mars 2000)
Collection : Bibliothèque de l'image
79 pages
ISBN-10 : 2909808254
ISBN-13 : 978-2909808253
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Ces deux personnages sont tirés de l'incontournable série d'enluminures des "Très riches heures du Duc de Berry". Le premier nourrit les cochons en novembre, le second sème en octobre.
C'est une oeuvre du milieu du XVe siècle, donc en parfait accord vestimentaire avec l'ensemble de la plaquette, il faut juste modérer un maximum l'intensité des roses et des bleus utilisés par l'enlumineur de l'époque.
Les timons :
Pour atteler une paire de boeufs supplémentaire, on utilise un timon court (celui de droite, en tête) relié au timon du chariot par une chaîne.
Le timon principal est lui-même fixé au train avant à l'aide d'une goupille.
Quelques précisions en vrac :
Pour la construction du chariot, vous avez vu dans les pages précédentes que tout peut faire l'affaire.
Pour la végétation, j'ai utilisé de la filasse de plombier et des poils de pinceaux. Tout d'abord, ceux-ci ont été teintés avec un jus d'essence et de peinture à l'huile puis mis en place touffe par touffe avec de la colle à bois pour finalement recevoir quelques voiles d'acrylique à l'aérographe.
Filasse de plombier :
Une grosse pelote comme celle-ci s'apelle une poupée et s'achète en magasin de bricolage. Pour faire de l'herbe il faut tout d'abord préparer des mèches que l'on va colorer en les trempant dans un jus de peinture à l'huile ou à l'acrylique.
Une fois sèches, on peut saisir une touffe de taille adaptée pour son diorama à l'aide d'une pince à épiler. On coupe avec de bons ciseaux et on tapote dans de la colle à bois. Il ne reste plus qu'à déposer son herbe sur le sol.
En séchant, la colle à bois devient translucide.
Le flocage sur les bords du chemin est tout simplement de la sciure de bois teintée elle aussi à l'huile (il paraît que cette méthode n'a pas de tenue dans le temps, je verrai bien).
Les fougères sont de la photodécoupe "maison" en laiton.
La bombarde de Bâle (Basel) :
Le 2 mars 1476, Charles le Téméraire, Duc de Bourgogne (à cette date allié de la France et à son roi Louis XI), quitte précipitamment la Suisse après la défaite de Grandson. Il y perd une première fois toute son artillerie. Désireux de prendre sa revanche, il reconstitue ses forces en récupérant de nouvelles pièces dans les nombreuses places fortes de son immense duché et revient combattre les Suisses à Morat (Murten) le 22 juin 1476.
L'artillerie du Duc de Bourgogne y joue un rôle de premier plan mais ne peut éviter une nouvelle défaite. Les Suisses s'emparent une seconde fois de toute l'artillerie bourguignonne et, de fait, cette bombarde est toujours visible à Bâle.
D'où provient cette bombarde ? :
Robert D. Smith, Ruth Rhynas Brown
- Bombards : Mons Meg and Her Sisters -
Editeur : Royal Armouries (31 décembre 1989)
Format : Broché - 112 pages
ASIN : 0948092092
Dimensions (en cm) : 1 x 17 x 24.
La culasse est gravée d'un petit écusson aux armes d'Auxy (échiquetés d'or et de gueules), ce qui pourrait signifier que la bombarde appartînt tout d'abord à Jean IV d'Auxy (v.1396-1474), Baron d'Auxy, Grand Maître des Arbalétriers de France, Chevalier de la Toison d'Or en 1445.
Ce canon aurait pu être construit à Mons (Belgique), en même temps qu'une autre célébrité : la fameuse "Mons Meg", vers 1436. (La Mons Meg est visible au château d'Edimburg en Ecosse). D'Auxy était un seigneur assez puissant pour pouvoir se payer un tel engin et s'en servir lors des luttes franco-anglaises de la fin de la guerre de cent ans.
Je tiens là mon sujet : Cette bombarde quitte les terres d'Auxy (dans l'actuelle Saône-et-Loire) pour se joindre (de gré ou de force ?) aux forces bouguignonnes.
Le canon :
L'âme du canon est tapissé par 20 lames de fer forgé soudées entre elles, de 5cm de large sur 2cm d'épaisseur qui dépassent légèrement de la bouche.
Puis 28 cerclages eux aussi forgés et soudés entourent ces lames. Sur la bombarde actuelle, il y a un cerclage supplémentaire rajouté comme renfort plus tardivement à la saynète, je ne l'ai donc pas fait figurer. En effet sous l'action de la corrosion les soudures avaient tendance à lâcher.
Longueur du canon : 188cm
Diamètre intérieur (calibre en quelque sorte) : 34cm
La culasse :
83cm de long et 46cm de diamètre extérieur
Diamètre intérieur 15cm
Longueur totale : 271cm.
Poids : 2 tonnes.
Poids d'un boulet de pierre : 50kg (il y a des variations suivant que l'on veuille laisser un jour plus ou moins important entre le boulet et l'âme du canon.
Document : http://dioramas-et-figurines.fr
ed. 2008 - 01 mars