Le convoi :


Transport d'une bombarde


Un convoi d'artillerie vers 1450 :
Bien que cette saynète puisse être regardée en tous sens, voici la vue que je préfère, les personnages ne regardant pas l'observateur que nous sommes, ils semblent vivre leur petite aventure sans la moindre interférence avec nous.

Zooms :
Bouvier Chariot du XVème Franc archer

Comme vous le remarquez, il y a sur cette page, un maximum de photos cliquables afin de pouvoir "zoomer" un petit peu. Voici un premier découpage de la gauche vers la droite.





Transport d'une bombarde au moyen âge


Ces bombardes étant plus particulièrement destinées aux sièges, il fallait bien les y emmener. Pour cela l'armée embauchait des charretiers civils, avec ou sans leurs animaux et parfois même on louait aussi leurs véhicules. A défaut on réquisitionnait les paysans des régions traversées.
Une fois en position de tir, les charretiers quittaient les lieux, les manoeuvres ultérieures devaient donc se faire à la force humaine, là encore on réquisitionnait les paysans du coin, de même que pour les travaux de terrassement.

Chariot Les boeufs de trait Bouviers et boeufs



En fait de "convoi d'artillerie" celui-ci se compose de nombreux autres véhicules, il faut rajouter les chariots pour la poudre, les outils, le personnel qui pouvait être très conséquent :







Les bouviers :

Gaulage des glands Bouvier 1  -  Semeur Bouvier 2

Ces deux personnages sont tirés de l'incontournable série d'enluminures des "Très riches heures du Duc de Berry". Le premier nourrit les cochons en novembre, le second sème en octobre.

C'est une oeuvre du milieu du XVe siècle, donc en parfait accord vestimentaire avec l'ensemble de la plaquette, il faut juste modérer un maximum l'intensité des roses et des bleus utilisés par l'enlumineur de l'époque.





Les timons :
Pour atteler une paire de boeufs supplémentaire, on utilise un timon court (celui de droite, en tête) relié au timon du chariot par une chaîne.

Différents timons
Le timon principal est lui-même fixé au train avant à l'aide d'une goupille.

Train avant du chariot






Quelques précisions en vrac :
La bombarde au complet







La bombarde de Bâle (Basel) :
Le 2 mars 1476, Charles le Téméraire, Duc de Bourgogne (à cette date allié de la France et à son roi Louis XI), quitte précipitamment la Suisse après la défaite de Grandson. Il y perd une première fois toute son artillerie. Désireux de prendre sa revanche, il reconstitue ses forces en récupérant de nouvelles pièces dans les nombreuses places fortes de son immense duché et revient combattre les Suisses à Morat (Murten) le 22 juin 1476.
L'artillerie du Duc de Bourgogne y joue un rôle de premier plan mais ne peut éviter une nouvelle défaite. Les Suisses s'emparent une seconde fois de toute l'artillerie bourguignonne et, de fait, cette bombarde est toujours visible à Bâle.


Bombarde de Bâle (Basel bombard)
D'où provient cette bombarde ? :

La culasse est gravée d'un petit écusson aux armes d'Auxy (échiquetés d'or et de gueules), ce qui pourrait signifier que la bombarde appartînt tout d'abord à Jean IV d'Auxy (v.1396-1474), Baron d'Auxy, Grand Maître des Arbalétriers de France, Chevalier de la Toison d'Or en 1445.

Ce canon aurait pu être construit à Mons (Belgique), en même temps qu'une autre célébrité : la fameuse "Mons Meg", vers 1436. (La Mons Meg est visible au château d'Edimburg en Ecosse). D'Auxy était un seigneur assez puissant pour pouvoir se payer un tel engin et s'en servir lors des luttes franco-anglaises de la fin de la guerre de cent ans.

Je tiens là mon sujet : Cette bombarde quitte les terres d'Auxy (dans l'actuelle Saône-et-Loire) pour se joindre (de gré ou de force ?) aux forces bouguignonnes.




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ed. 2008 - 01 mars