La documentation est abondante et les figurines commerciales aussi. Cependant elles ont toutes en commun un armement trop riche : Casques à lunettes (ou œillères) et cotes de mailles. Ces attributs étaient l'apanage des chefs et une armée n'est certainement pas constituée que de chefs. L'essentiel de la troupe était vêtue de tuniques.
Je pensais mélanger mes sculptures à ces pièces commerciales, mais les problèmes d'échelle ne me l'ont pas permis. C'est pourquoi il y a un skjaldborg constitué de guerriers tous vêtus de cote de mailles et un autre d'infanterie légère en tunique.
Les Francs :
Les sources ne s'offrent pas spontanément et de plus, l'imagination collective à leur sujet les désigne bien souvent pour la seule période de "grandes invasions" des IVème et Vème siècles, puis Clovis et le vase de Soissons et au mieux ceux de Poitiers en 732 avec leur "francisque". Mais les Francs en "France" ont une histoire de près de mille ans. Ceux qui nous intéressent ici sont en train de devenir des Carolingiens, mais restent des Francs.
On les trouve donc dans les bibles ou psautiers illustrés du IXème siècle comme la Bible de Noaïlles ou de Roda, le Beatus de St Sever, le Psautier d'Utrecht et quelques frontons de cathédrales.
Je n'ai pas eu accès personnellement à ces documents originaux, mais un ami de "La Bourguignotte" m'avait donné en son temps, de magnifiques croquis.
Entre temps je suis tombé sur le Psautier de Stuttgart que l'on trouve numérisé sur internet. Ce sont quelques unes de ces enluminures qui vont illustrer cette page. Cependant le Psautier de Stuttgart a été définit comme "trop orientaliste" par certains chercheurs qui démontrent que les vêtements ne sont pas typiquement carolingiens, mais agrémentés de fioritures pour donner un air biblique, donc asiatique.
Le cavalier a été "Francisé" comme vu précédemment, mais le cheval est resté au naturel, car vraiment très proche.
Un des griefs porté est le bonnet phrygien dont certains pensent qu'il s'agit d'un code pour orientaliser la scène. C'est surement vrai, mais comme on retrouve ce bonnet un peu partout, y compris du coté Viking, j'en ai représenté deux.
Les boucliers :
Le bouclier franc est assez typique avec sa forme concave et son fer central très en avant.
On les retrouve ici, ainsi que la forme du casque et le manteau/cape pour le personnage central.
Les deux personnages en jaune utilisent une fustibale, énorme lance pierre destiné à perturber les formations serrées. Ici, ils visent le drakkar.
Les cuirasses :
Dans ce psautier, on ne rencontre pas de cotes de mailles. Peut être que l'écaille est censée renvoyer à l'orient, de même que ces pantalons larges qui rapellent ceux des Scythes.
La figurine de gauche est beaucoup plus tardive que la scène actuelle, mais elle reprend beaucoup des représentations d'origine et de la magnificence d'un futur roi de France de l'époque. Cest à la fois troublant et surtout très pratique. Le porte étendard à droite est lui aussi équipé d'écailles, mais plus apte aux combats...
Les tuniques :
Là encore, les tuniques bariolées ou galonées à outrance, renvoient au luxe bigaré de l'orient. Dans les autres sources, les tuniques sont très sobres. Cela tient aussi au fait que la piétaille ne se pare pas d'étoffes chères pour aller guerroyer...